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Hormonothérapie et ménopause

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Traitement hormonal de la ménopause : pas plus de cancers du sein ! 

Entretien avec le Dr Henri Rozenbaum, président de l'Association française d'étude de la ménopause et auteur de "Ménopause : questions de femmes" (éditions Eska).

33doc : Une récente étude, publiée dans la revue médicale américaine "JAMA", fait état d'un risque plus élevé de cancer du sein chez les femmes sous traitement hormonal substitutif par rapport à celles qui ne le sont pas. Est-ce exact ?

Henri Rozenbaum : En effet, mais tous les chiffres publiés dans cette étude américaine doivent être pris dans leur contexte, et avec beaucoup de précautions. En fait, il n'existe pas un facteur de risque du cancer du sein, mais plusieurs, et certains sont plus importants que le THS, notamment l'alcool. Il paraît donc difficile d'interpréter ces chiffres avec exactitude. De plus, cette étude porte sur une population américaine utilisant des produits qui ne sont pas les mêmes que ceux utilisés en France. A l'heure actuelle, nous ne disposons pas encore de résultats d'études françaises validés.

33doc : Comment doit-on comprendre cette augmentation du risque de cancer du sein lié au THS ?
HR : D'abord, il faut savoir que le traitement hormonal substitutif n'est pas, en lui-même, à l'origine de la survenue d'un cancer du sein. En effet, des études ont montré que deux à cinq ans après l'arrêt du THS, le risque devient identique chez les femmes ayant été traitées et chez celles ne l'ayant jamais été. En revanche, il est très probable que la prise d'un THS puisse accélérer l'évolution de petits cancers existants au préalable.
Si l'on compte un nombre plus important de cancers du sein chez les femmes traitées, c'est qu'elles bénéficient d'un meilleur dépistage - ce qui, pour ces femmes, représente un gros avantage.

33doc : Un avantage ?
HR : Puisque ces femmes sont suivies régulièrement, un éventuel cancer du sein sera diagnostiqué tôt, et donc pris en charge rapidement. De plus, les cancers décelés chez ces femmes sous THS sont de meilleur pronostic. En effet, ils sont moins agressifs et moins métastatiques que ceux survenant chez des femmes non-traitées. C'est pourquoi il est important de replacer tous ces éléments dans leur contexte.

33doc : Vous conseillez donc ce traitement ?
HR : Les bénéfices que les femmes ménopausées peuvent tirer de ce THS pèsent fortement dans la balance. Elles ont donc tout intérêt à se traiter. Car, s'il existe une discrète augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes traitées, il existe également une réelle diminution de la mortalité globale et de la mortalité spécifique liée au cancer du sein.


Interview réalisée par le Dr Samira Le Tiec


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